D’un ancien site industriel à une Réserve ornithologique ...
Une réhabilitation de grande envergure au service des oiseaux.
Retour dans le passé
Il y a bien longtemps, le site des futurs bassins de Grand-Laviers se situait dans le lit de la Somme. Suite à la canalisation du fleuve, le paysage se composa de vastes prairies et de boisements humides.
La sucrerie de la Société Five Lille a vu le jour à partir de 1872. De hautes cheminées et un complexe de différents bâtiments et machines ont commencé à être érigés à Abbeville.
Entre 1971 et 1997, la sucrerie a creusé 7 bassins sur la commune de Grand Laviers, en érigeant de hautes digues, afin de stocker les eaux boueuses et les eaux décantées issues du lavage des betteraves.
Un tournant économique et social
Dans le cadre de la Directive européenne visant à réduire la production sucrière, les derniers occupants, le groupe TEREOS, cessent en 2007, l’activité de la sucrerie cessant par la même occasion toute activité d’entretien des bassins et de leurs abords.
La sucrerie est détruite un an plus tard, le complexe de 7 bassins n’a plus vocation à être utilisé en tant que tel.
Le site n’est pas valorisé, ni entretenu laissant la nature reprendre ses droits entraînant une baisse des niveaux, un début de comblement et d’atterrissement des bassins, et un développement de la strate arbustive.
2010 : Le début d’un grand projet
L'associaton Entre Terre et Mer en Somme souhaite de transformer ce site en réserve ornithologique.
La Fondation pour la protection des habitats de la faune sauvage, aidée par l'agence de l'eau Artois-Picardie et la Fédération, rachète 3 des 7 bassins pour une surface totale de 40 hectares pour un potentiel en eau de 30 hectares.
L'Association Entre Terre et Mer en Somme se voit confier la gestion du site.
Le constat est dressé :
Les trois bassins sont déjà quasiment à sec.
L’un des trois est colonisé par les saules. Il n’accueille plus d’oiseaux en dehors de quelques passereaux, et sert de refuge aux sangliers.
Le premier soin du gestionnaire sera de déboiser ce bassin.
A partir de 2014
Inaugurée et ouverte au public en 2014, le travail d’entretien, de valorisation et d’aménagement se poursuit au quotidien.
15 postes d’observation (palissade, poste couvert ou tourelle) permettent d’observer les oiseaux sans les déranger.
Les chemins vous guident vers ces différents postes, et les tablettes pédagogiques vous aident à l’identification des espèces.
En 2016, la Fondation pour la préservation de la nature a acheté une prairie humide de 4 ha 68 attenante à la Réserve, afin d’améliorer encore son potentiel en diversifiant les milieux d’accueil.
Un appui technique pour une gestion adaptée
Depuis 1981, François Sueur, Président du Groupement Ornithologique Picard, réalise des inventaires sur le site et depuis 2010, nous travaillons avec le GOP pour la réalisation des comptages ce qui nous permet d’avoir une solide expérience et d’indéniables compétences, assorties d’une indépendance dans le travail.
Le GOP fournit annuellement un bulletin « Avifaune des bassins de décantation de Grand-Laviers », synthétisant les comptages qu’il effectue tout au long de l’année, combinés à ceux réalisés par les agents d'ETMS.
Ces comptages ont permis de mesurer la valeur écologique du site, et de déterminer les actions à réaliser via un plan de gestion, pour un accueil optimal des oiseaux migrateurs.
Un emplacement idéal pour les migrateurs
Les bassins de Grand-Laviers sont insérés entre le canal de la Somme et la voie de chemin de fer qui longe la route reliant Abbeville à la Baie de Somme.
Cet emplacement confère à la Réserve une forte valeur pour l’avifaune, notamment migratrice. Elle est située sur une voie migratoire et fait partie d’un ensemble de zones humides constituant la basse vallée de la Somme.
La réserve est un site de :
- Halte migratoire en migration postnuptiale et prénuptiale
- Site de repos hivernal
- Site d’alimentation
- Site de reproduction